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Je ne supporte pas l’enfant de mon conjoint

jeudi 13 mars 2014 , dernière modification : mercredi 9 septembre 2015, par Easy Tribu

Le sujet est tabou : beaucoup de beaux-parents auraient envie d’avouer qu’ils ne supportent pas l’enfant de leur conjoint. Rassurez vous, vous n’êtes pas seul et aussi nombreux que les parents qui ont envie de jeter leurs propres enfants par la fenêtre de temps en temps, expression couramment utilisée pour évoquer un parent au bord de la crise de nerf. Fatigue, non respect de l’ autorité, les enfants nous font craquer de temps en temps, et pourtant qu’est ce que l’on peut les aimer !!!!

Les multiples raisons de ne pas supporter l’enfant de l’autre

Dans les familles recomposées, un homme ou une femme va devoir partager la vie d’un enfant que son conjoint a eu avec un(e) autre. Rien que cela, peut être à l’origine de bien des tensions, souvent inconscientes, entre un enfant et son beau-parent. L’enfant, sans le vouloir, va rappeler régulièrement la présence ou l’existence de l’ex, encore plus s’il y a une ressemblance physique ou de caractère. Pour peu que les problèmes ne soient pas complètement réglés avec l’autre parent ou qu’un sentiment de jalousie existe, il n’en suffit pas moins pour que l’enfant devienne insupportable.
Qui dit famille recomposée, dit vivre avec un enfant qui a été éduqué par un autre avant. Plus l’enfant de l’autre est âgé, plus son éducation est ancrée. Il suffit d’avoir des principes éducatifs opposés à ceux qu’il a reçu précédemment pour que naissent de grandes tensions au quotidien. Thomas, petit, n’a jamais connu l’autorité avec ses parents, et ne parvient absolument pas à suivre le cadre que souhaite lui donner son beau-père. Comprendre dans quel cadre a évolué l’enfant qui vit désormais avec vous est très important. Il ne faut pas oublier que les jeunes années sont des années de référence pour un enfant, où son quotidien est devenu sa norme. Il faut ainsi que les changements se réalisent en douceur et viennent en complément de ce qu’il a imprimé auparavant au risque qu’il rejette tout en bloc.
Si notre tolérance envers nos enfants peut être très grande, amplifiée par la subjectivité tripale de nos sentiments, elle peut devenir très faible lorsqu’il s’agit de l’enfant d’un autre, pour la simple raison que ce ne sont pas nos enfants.

Nous allons donc poser quelques réflexions ou questions autour de cette problématique, celle de ne pas supporter l’enfant de notre conjoint, qui à défaut de donner une solution précise, vous permettront de prendre du recul sur vos ressentis.

Quelle image de moi me renvoie l’enfant de mon conjoint ?

De manière générale, lorsqu’une personne suscite en nous des sentiments extrêmes, d’amour ou de haine, il est primordial d’en comprendre la cause. De tels sentiments ne sont pas anodins et en disent beaucoup sur moi. En effet, savez vous que la plupart de temps, c’est l’image que l’autre me renvoie de moi qui participe de manière très importante à la nature de mes sentiments envers lui ? C’est ce que nous appelons l’effet miroir. Dis moi mon beau miroir comment me trouves-tu ? Le miroir peut prendre différentes formes : mon mari, ma meilleure amie, un parent, un prof, mon patron. C’est ce tiers, qu’on appelle privilégié, parce qu’il a de l’influence sur nous. Une femme se trouve davantage belle si son mari le pense, et lui dit, un collaborateur peut aimer davantage son travail parce que son patron lui répète combien il est compétent ....
L’enfant du conjoint est extrêmement présent dans la vie d’un beau-parent, et va lui aussi jouer ce rôle de miroir. Posez-vous alors la question ou essayez car ce n’est pas toujours évident, de formaliser l’image que cet enfant vous renvoie de vous même.
Est-ce que par sa seule présence il me rappelle que je n’ai pas eu d’enfant, est-ce qu’il éveille ma possessivité envers mon conjoint que je ne souhaite pas partager, est-ce qu’il freine ma liberté, est-ce qu’il me coûte trop cher, ....
Puis amusez-vous à inverser les rôles en vous demandant quelle image lui reflétez vous de lui-même. Se sent-il accepté par vous, sent-il que vous le jugez sur ce qu’il est, sur son éducation ....
C’est certainement le travail le plus important à réaliser pour vous amener à diagnostiquer la nature exacte du problème, mais c’est aussi le plus délicat. En parler à un tiers complètement externe peut vous aider, de même que l’écriture qui est un excellent moyen de poser les choses, car quand on écrit, on affirme une pensée.

Savoir regarder autant le positif que le négatif

Une méthode complémentaire consiste à s’obliger à prendre du recul sur une personne en listant tout ce que vous aimez, et tout ce qui vous insupporte chez elle. Lorsque nous sommes en phase de rupture, nous perdons souvent notre objectivité pour voir tout ce qui ne va pas. Et pourtant, la vie n’est pas noire ou blanche, elle est faite de multiples couleurs, qu’il faut savoir regarder à nouveau en ôtant cette paire de lunettes qui brouille le paysage.
Nous allons vous aider à rédiger votre 1ère ligne positive à l’égard de l’enfant de votre conjoint : c’est simplement l’enfant de l’homme ou la femme que vous aimez aujourd’hui et avec lequel (laquelle) vous avez envie de reconstruire votre vie.
Nous vous engageons à continuer cet exercice qui vous permettra d’ atténuer le coté insupportable de l’enfant de l’autre par la simple évocation de ses qualités, car il est évident qu’il en a.

Essayez de changer d’attitude

Parfois, il est inutile d’aller trop loin dans l’analyse psychologique, qui si elle peut être fort utile, peut tout autant déstabiliser une personne. Les ombres de votre personnalité existent et il n’est pas toujours judicieux de les mettre en lumière car faut-il encore supporter cette démarche.
Une autre démarche consiste à changer de comportement pour provoquer un changement chez l’autre. Si vous ne communiquez plus avec l’enfant de votre conjoint car les tensions sont trop nombreuses dans votre relation, mettez vous à lui parler beaucoup, de lui, de vous, des choses de la vie. Si vous passez 100% de votre temps à lui faire des reproches, décidez pendant une journée de lui dire uniquement ce qu’il a fait de bien, et garder les reproches pour vous. Cette méthode, pour qu’elle réussisse doit être réalisée avec sincérité, il n’est pas question d’inventer des choses. Vous serez certainement surpris par son résultat et ce que votre comportement pourra déclencher chez une autre personne. L’idéal est de la tester sur une période d’au moins une semaine pour constater des premiers effets.

En parler à l’enfant et à mon conjoint

Nous aurions peut-être dû commencer par ce point tellement il est important. Il est légitime de ne pas supporter un enfant, il n’y a pas de culpabilité à avoir. Maintenant, il faut absolument en parler aux personnes concernées afin qu’elles s’en rendent compte, et qu’elles évitent ainsi de mauvaises interprétations sur vos attitudes. Le sujet est extrêmement délicat, car comment l’aborder avec les personnes concernées ? Une aide qui peut se révéler précieuse consiste à provoquer dans un premier temps une discussion individuelle avec l’enfant puis avec votre conjoint.
La démarche, que ce soit avec un enfant ou avec son parent est basée sur le même processus pour être efficace et ne pas faire "pire que mieux" :

  • Parlez d’abord de vos ressentis, de votre souffrance, de vos émotions pour décrire ce que vous ressentez. Par exemple, "je souhaite te parler d’un sujet important qui me fait souffrir", ou "j’aimerais que notre relation évolue". On ne vous reprochera jamais d’être triste ou en souffrance, au contraire on appréciera que vous dévoiliez vos sentiments.
  • Ensuite, exposez la problématique tout en l’illustrant de manière très factuelle. Par exemple si vous trouvez que l’enfant de votre conjoint vous manque de respect, dites lui : "je trouve que tu ne me respectes pas quand tu refuses de faire ce que je te demande comme ce matin lorsque tu as refusé de ranger tes affaires". Plus les illustrations seront concrètes et factuelles, plus elles seront "recevables" par la personne concernée. En revanche, évitez absolument d’attaquer la personne en tant que telle par des affirmations sur sa personnalité. "Tu es un enfant irrespectueux, mal éduqué, méchant, ...." ne feront qu’accentuer la distance dans vos relations.
    Ces deux premières étapes, incontournables, vous permettront très vite de vous sentir mieux. Le fait d’en parler, de mettre des mots sur un ressenti est parfois suffisant car cela nous permet de relâcher la pression. Laissez faire le temps, les paroles doivent être intégrées, digérées par tous dans un premier temps, peut-être affinées par d’autres exemples. Il sera important de vérifier que l’enfant concerné et votre conjoint ont bien compris le sens de votre démarche pour éviter tout malentendu.

Trouver des solutions ensemble

Comme dans toutes les difficultés relationnelles, il y a environ 50% de torts partagés. Une mauvaise communication, une mauvaise interprétation, une attitude maladroite, l’inconscient, les blessures profondes, une sensibilité personnelle, autant de facteurs qui peuvent parasiter une relation, sans le vouloir. Car bien entendu, de notre point de vue, l’autre a toujours tort. Il est donc sain de penser que je suis à moitié fautif(ve) si je ne supporte pas l’enfant de mon conjoint. Le consensus restera une bonne formule pour améliorer la relation, à partir du moment où les étapes de réflexions personnelles et de communication citées plus haut ont été franchies.

En conclusion, ne pas supporter l’enfant de son conjoint est plus fréquent qu’on ne le pense, pour des raisons parfois très indépendantes de la personnalité même de l’enfant. Vouloir faire évoluer cette situation est la base d’une solution, et les pistes sont nombreuses pour trouver des issues. Nous vous engageons à les compléter par vos expériences ou témoignages.

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